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Sujet : Lectures par épisodes, ça vous tente?
empereur-paco On ressent tout de suite le travail des pros...

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saroue17 Curieux le petit Marc =) (mais pas pire que moi xD)
C'est beau l'amour ^^
L'Empereur est vraiment très respecté, comment ils sont tous à ses pieds
J'aime bien la comparaison avec Pi, pas mal =D
Que va-t-il se passer pendant ce conseil ?
empereur-paco Of, scuse me... j'me suis fais attendre là :/. Mais allez, ne vous inquiétez pas, l'épisode 5 est bel et bien là :)! Vi vi, pas de souci, je n'ai pas arrêté d'écrire (non, non, vous ne vous détacherez pas si facilement de moi ;)). Donc voilà un peu plus de précision sur la philosophie de l'Empereur xD. Enfin, un petit voyage où on apprend quelques petits trucs dont j'espère vous serez friands :D. L'épisode est moyen, donc oui j'avais pas de raison de rester aussi longtemps sans poster. J'en suis confus ^^'. Mais bon, j'espère que vous m'en ferez grâce et je ne peux m'empêcher de vous souhaiter une agréable lecture :).

                                                                                    Chapitre 5
 
  Le chauffeur caressa d’une dernière touche de produit la carrosserie lisse et brillante de la limousine Impériale. Déjà, deux agents dévalaient les marches du perron d’une porte annexe au palais. D’autres leur emboîtèrent le pas. A la hauteur du chauffeur, ils l’informèrent :
« L’Empereur descend. »
Le polégardien opina du chef. Il se saisit de sa casquette déposée sur le capot et couvrit sa tête blonde. Les agents le saluèrent puis se retirèrent. Ils coururent jusqu’aux petit portail rattaché au mur d’enceinte et chuchotèrent quelques mots à l’oreille des gardes présents. A cet instant, Marc sortait sur l’une des terrasses. M l’entourait les épaules de ses bras. Ils portaient pour l’occasion une petite fantaisie sur sa poitrine : des médailles dorées entourant une étrange insigne en forme de pi mathématiques. Elles s’agitaient au rythme de la respiration de l’agent et elles valsaient sous le regard admiratif de l’enfant. Cependant, une autre singularité intriguait Marc :
« Pourquoi les agents se déplacent-ils pour avertir les fonctionnaires du palais ?
-Pour leur parler, c’est beaucoup plus pratique, ironisa son ami. »
Marc sourit à cette moquerie. Cependant, il ne se laissa pas démonter pour autant. Il s’arrêta au milieu de l’allée de gravillons et se tourna vers son protecteur. De son humeur têtue, il insista :
« Sérieusement… pourquoi ne pas tout simplement les appeler par des oreillettes ? »
L’agent M s’esclaffa. Attrapant une rose sans piquant, encadrant la pelouse tondue et rutilante, il poursuivit sa progression vers la voiture. Indigné, Marc lui barra le passage.
« Tu veux vraiment tout savoir sur cet Empire toi, pas vrai ?, plaisanta goulûment l’agent
-Exactement. Alors pourquoi ?, répéta encore l’enfant
-Pourquoi ?, répondit M par une autre question
-J’aime savoir. C’est tout. Est-ce un mal de s’intéresser à son pays adoptif ?
-Non. Mais la plupart ne se préoccupe que des coutumes quotidiennes… jamais des affaires de l’Empereur, répliqua l’agent
-Je ne me préoccupe pas des affaires de l’Empereur, s’offusqua Marc, je m’informe. Ce n’est pas pareil. Et puis, qu’aurait-il à me cacher ?
-L’Empereur n’aime pas les technologies dans son palais, assura brusquement M. Il dit qu’elles le dérangent pour se concentrer.
-Les ondes sont étudiées pour…
-C’est discutable., répliqua sèchement le polégardien. »
Il jeta un coup d’œil à sa montre et écarquilla les sourcils. Rapidement, il glissa sa rose sur le lobe de l’oreille de son jeune protégé et il hâta :
« Bien, pressons-nous. La limousine nous attends sûrement. Le Grand Conseil n’aime pas non plus les retardataires. »
Il poussa légèrement Marc et ils activèrent leur avancée. La limousine ronflait déjà lorsqu’ils déboulèrent dans la petite cour dallée. Marc eut à peine le temps de contempler les quelques statues modernes qui ornaient les murs d’enceinte, autour des fontaines qui ronronnaient paisiblement. Il en remarqua tout de même une… une femme à moitié nue, exprimant une fraîcheur délicieuse. Un sentiment d’allégresse emplit son cœur. Néanmoins elle disparut lorsque l’agent M l’obligea à monter par la portière entrouverte, qu’il referma d’un claquement sec. L’enfant se retrouva ainsi en tête à tête avec l’Empereur. Un peu plus rassuré que pour leur première rencontre, seuls, Marc s’assit en face de lui, entre deux coussins brodés de fils d’or.  
« Votre Majesté, salua t-il »
L’Empereur fit un geste las de la main et dit :
« Allez. Cesses donc tes civilités avec moi. J’ai toujours détesté ces formules. Il les faut pour un respect et une autorité incontestés. Mais pas avec toi.  
-Pourquoi ? »
L’Empereur rit.
« Il y a beaucoup de pourquoi avec toi.
-Je suis désolé, s’excusa l’enfant. J’aime vous connaître, j’ai une étrange sensation de devoir comprendre ce monde…
-Tu le dois en effet et je te félicite que cela se réalise de ton plein gré. Pour répondre à ta question, je n’ai aucunement besoin de te diriger toi en plus. Tu es mon invité, mais il ne me semble pas que tu sois sous mes ordres. Et tant mieux. Alors ne te sens pas contraint de m’apostropher ainsi. Sauf si tu ne peux y résister…
-Bien, Votre… Bien !, se reprit Marc avec un sourire gêné. »
Le chef polégardien hocha de la tête en signe de bienveillance. Une bouffée d’honneurs emplit les poumons et le cœur de l’enfant. Il se sentit léger, virevoltant entre les parois de cuir intérieur de la limousine. Il aurait même pu embrasser l’Empereur, en toute intimité, mais la raison le retint assez vite. Il se contenta d’afficher une figure réjouie, illuminée par le bonheur. Il s’amusa alors à compter la dizaine de voitures qui les escortaient, tout autour d’eux. L’agent M était dans l’une d’entre elles. Il conduisait peut être même. Il prenait à cœur leur sécurité, à eux deux. Il se découvrit alors un point commun avec Sa Majesté. Cette révélation le fit frémir d’excitation. L’agent M avait une lourde tâche…
 La limousine traversa le portail en un ronflement imperceptible du moteur. Les gardes saluèrent en une révérence marquée. L’Empereur la leur rendit d’un signe de main gantée de velours noir. Quelques bagues ciselées d’or l’ornaient. Il reconnut alors l’étrange symbole pi sur le sceau Impérial. Il ne réfréna alors pas une nouvelle question :
« Quel est cet étrange signe ? »
Il pointait du doigt la bague. Instinctivement, Sa Majesté rapprocha sa main gauche de l’ornement. Puis il se détendit.
« Il s’agit de mon cachet…
-Que représente t-il ?
-Oh… les bases fondamentales de l’Empire. Les deux barres verticales signifient le Grand Conseil, dont le peuple en général, et ma maison, celle des agents. Et elles soutiennent le pays, la barre horizontale.
-C’est imagé… et pourquoi pi ?
-Tu es toujours aussi curieux, souligna l’Empereur.
-C’est plus fort que moi, avoua l’enfant, j’aime savoir vos secrets…
-Parce qu’il exprime bien toute la pensée de l’Empire… Pi est énigmatique, l’Empire aussi. Ils se confondent à merveille… »
 Marc se laissait bercer par le doux ronflement du moteur. Un détail le tracassait. Il ne savait quoi, mais les berlines de l’Empire le préoccupaient. Quelque chose différait de celles communes à Terrae. Certes, elles possédaient un alliage sur la carrosserie quasiment indestructible néanmoins, ce n’était pas l’armature qui l’étonnait. Il chercha un long moment, son regard perdu dans le vide…
« Quelque chose ne va pas ?
-Si, tout va bien, Votre Majesté… euh je veux dire, monsieur, se ressaisit Marc
-Pas de mensonges avec moi, affirma l’Empereur. Je sais que cette limousine te tourmente depuis que tu y es assis. Dis moi ce qu’il en est… »
Marc releva la tête, interloqué. Craintif, il n’osa pas regarder le voile qui reposait sur la tête du monarque. Comment savait-il ? Plusieurs fois déjà, il s’en apercevait… il avait un don. Un don qui lui permettait de lire dans les pensées. Cela ne faisait aucun doute. Marc tenta alors d’arrêter de penser, comme s’il ressentait alors brusquement un intrus dans son esprit. Mais il était absurde d’agir ainsi. Rien que le fait de vouloir arrêter de réfléchir et il pensait. Ce dilemme apporta d’autres idées et son cerveau s’encombrait d’encore plus de pensées. Ce raisonnement lui procura un vertige et il s’accouda aux coussins moelleux de la voiture. L’Empereur, quant à lui, n’avait bougé d’un centimètre. Il paraissait examiner son comportement sans n’émettre aucune réaction. Puis, finalement, Marc se décida à répondre :
« Votre limousine… quelque chose ne va pas…
-C’est à dire ?, poursuivit le polégardien »
Il avait dit cela spontanément, comme s’il se concentrait uniquement sur l’enfant, comme s’il savait déjà qu’il allait répondre à cet instant là, comme s’il lisait encore dans ses pensées… Marc eut un nouveau vertige. Une sorte d’humiliation le courrouçait. On lui violait son seul droit après tout.
« C’est à dire qu’elle a quelque chose d’étrange, quelque chose de peu commun à mon monde.
-Beaucoup de choses ici sont différentes de ton monde.
-Je le sais, concéda l’enfant. Mais c’est une chose qui vient de vous et qui ne fonctionne pas chez nous.
-Bien, cherche encore un peu, déclara Sa Majesté
-Comment ?, interrogea Marc interloqué. Je ne crois plus vraiment vous suivre…
-Je t’informe. Tu es sur la bonne voie de la réflexion.
-Vous savez et vous ne voulez pas me le dire tant que je ne vous le dirai pas moi même ?
-C’est à peu près cela, effectivement, confirma l’Empereur. »
Choqué, Marc écarquilla ses yeux. Le polégardien se fichait-il de lui ? S’amusait-il avec lui pour passer un voyage plus agréable ? L’enfant s’enfonça dans le siège, malgracieux. Renfrogné, il détourna la tête. Sa colère l’empêchait de penser. Il avait réussi finalement. Par les vitres teintées, il aperçut le dôme du Grand Conseil. Son regard se perdit entre les tourelles qui l’encadraient. Elles pointaient le ciel d’un air triomphant, d’un air puissant. Marc s’en rapprochait. Le chauffeur semblait prendre de la vitesse. Les bordures de route se recourbaient. La limousine s’engageait sur un grand axe de la capitale. Les tours de verre défilèrent, mêlant parfois d’imposantes bâtisses de pierres blanches. L’Empire demeurait toujours aussi étrange. Il avait été dessiné d’une main d’artiste dont aucun poing de fou n’avait déchiré. L’escorte les suivait d’une même vitesse. On aurait dit qu’elle était posée sur des rails, comme la limousine, tellement elle glissait légèrement sur la route. La circulation était aisée, peut être venait-ce du fait qu’on avait débarrassé l’avenue pour le passage de l’Empereur. Marc ne saurait dire si l’on se préoccupait de ce genre de chose ici. L’Empire ne fonctionnait vraiment pas comme la République Terrae. Sa colère se dissipait, balayée par une curiosité grandissante. La limousine obliqua sur sa droite et entra dans une rue bondée. Ce changement radical surprit l’enfant. Un peuple en liesse criait les louanges de l’Empereur. Marc les écoutait d’une oreille admirative. Le véhicule se fraya un chemin facilement. Les polégardiens s’écartaient docilement à son passage. Mais là encore, tout changeait de Terrae. Personne ne sautait contre les vitre, personne ne frappait la carrosserie, personne ne cherchait à entrer dans la voiture. Tout était calme même sous une apparence festive et populaire. Marc repéra même des révérences respectueuses en l’honneur de Sa Majesté. L’Empire était réellement étonnant.  
 A l’embouchure de la rue, deux fières sculptures d’un homme et d’une femme levant noblement leurs bras droits devant eux marquaient l’entrée du siège du Grand Conseil. Elles tenaient chacune un livre contre leur poitrine. L’homme avait le regard pénétrant, solennel, on ne peut plus sérieux. Un fin bandeau encerclait son front, retenant ses courts cheveux. Une toge délicate le recouvrait jusqu’au pied, arborant ses vagues de plis de pierre taillées par les soins du modeleur. La femme, elle, semblait déterminée, imperturbable. Elle fixait l’horizon d’un regard d’acier. Mais son visage exprimait une douceur raffinée, un amour maternel profond pour sa patrie. Ses cheveux de roche reposaient gracieusement sur ses épaules ciselées. Marc crut reconnaître quelqu’un… Elle avait un air du tableau de l’Impératrice, ce même aspect charmant, immaculé, ravissant. Il remarqua que l’Empereur la contemplait lui aussi. Et sa supposition s’avéra pour lui appuyée.  
-Vous l’aimiez… »
Pour une fois, ce fut Marc qui le prit de cours. L’Empereur tressaillit mais ne répondit rien. Même derrière son voile, Marc sut que ses yeux brillaient de douleur. La limousine se stoppa devant les grilles du Grand Conseil. L’Empereur semblait sortir d’un mauvais rêve. Gardant toujours le silence, il ouvrit lui même sa portière. Au dehors, la foule était toujours aussi nombreuse et compacte. Cependant, le vent faisait plus de bruit qu’elle. Il se mouvait entre les membres des statues pour prendre son élan et ébouriffer les cheveux des gens en contre-bas. Des soldats en uniformes blancs ouvrirent les grilles. L’un d’eux se détacha du groupe et marcha d’un pas lent et modéré vers les agents. Il les salua. Les hommes du palais impérial noir répondirent à leur tour par une révérence et ils laissèrent le passage libre jusqu’à leur Empereur. L’homme en blanc s’avança alors parmi ceux en noir. Une longue épée pendait à sa ceinture. Mais elle n’était pas agressive. Les deux puissances de l’Empire étaient douées d’une considération mutuelle. Aucune traîtrise ne rentrait en ligne de compte. Ils pouvaient se réjouir d’une confiance réciproque. Le soldat en blanc posa un genoux à terre devant l’Empereur et dit :
« Bienvenue Votre Majesté. Le Grand Conseil s’est réuni. Il vous attend avec impatience. »
L’agent M s’approcha à son tour, accompagné de l’émissaire qui était venu quémander la venue de l’Empereur. L’Empereur étendit sa paume sur la tête du soldat et dit :
« Et je serais à l’heure de son rendez-vous. Partez sans crainte le leur annoncer, ma maison ne faillira pas. »
L’Empereur signa de son index le front du soldat en schématisant la même insigne que son sceau. L’homme en blanc s’émerveilla. Un sourire furtif parcourut ses lèvres. Délicatement, il ôta la main du monarque de son crâne et il la baisa. Puis, il se releva et d’un regard saturé de bonheur, il fit volte face pour revenir vers les grilles où patientaient les autres soldats. L’émissaire l’interpella :
« Et vous laissez entrer l’enfant malgré le protocole ?
-L’enfant vient avec moi, s’interposa l’Empereur »
Le soldat en blanc, à mi-chemin, se tourna vers le délégué et répondit aussi :
« L’enfant viendra avec lui. »
L’émissaire haussa les épaules de dépit. L’agent M sourit. Marc se pencha vers le monarque :
« Par quel sortilège l’avez-vous soudoyé ? »
L’Empereur répondit :
« Je l’ai corrompu par l’Amour. »
Il s’avança ensuite entre la rangée de ses agents. Ces derniers attendirent que l’enfant lui emboîtent le pas avant de poursuivre la procession. Le Grand Conseil s’ouvrait à eux. Les grilles se refermèrent. Désormais, il était impossible de faire marche arrière.

 
A suivre...
empereur-paco Non c'est bon tu as tout a fait compris mdr ...
Sanadette Ah oki :)
Tu es à l'internat ou je mélange tout ? ^^"
et merci pour les explications =)
@+
empereur-paco Ah c'est ça que tu veux savoir?
Ahh mais c'est normal, tu le découvriras dans le prochain épisode =).
Là, l'Empereur a juste dit que c'était le second pouvoir de l'Empire (donc en gros, l'Empereur ne dirige pas seul... et tu découvriras même mieux :)). Et après il lui a juste montré au loin l'édifice où il se situe. Et il était parti pour lui expliquer mais vu que un membre de ce fameux Grand Conseil a débarqué, il a va pouvoir lui montrer image (dans l'épisode 5).
 
Enfin voilà :)! Ah aussi je tenais à préciser... à partir de demain je serais plus là... avant la semaine prochaine, donc si empereur-paco ne poste plus c'est tout à fait normal ^^. Voilà! A +++
Sanadette Sana a juste relu le dialogue entre l'Empereur & Marco :o , Sana a remplacé le new épisode dans son traitement de texte :o et Sana n'a toujours rien compris de ce que c'est le GRAND C :sarcastic: NSEIL :o
empereur-paco Voilà, j'ai changé l'épisode 4... c'est le même, mais en beaucoup plus étoffé (je suis passé de 6 à 7 pages ^^). Il y a beaucoup plus de détails, beaucoup plus de figures de style aussi... enfin je l'ai bichonné, mais je ne vous force pas à le relire... *en fait si xD*
 
Et peut être que Sana comprendra mieux les explications de l'Empereur :sarcastic: ...
empereur-paco Ah bah ça c'est gentil =)!
Sanadette remontage pour paco :o
empereur-paco Ptètre que c'est le mien xD. Nan, j'dec'...
Bah merci beaucoup... j'essaierai de poster le 5ème avant mon entrée à l'internat, mais y'a rien de sûr... sinon vous devrez patienter avant le week end prochain ...  
Bref, on parle pas de fins de vacances rooh! Mici bcp, et je te crois si t'es la première à avoir lu =)!
Sanadette C'est moi qui l'ai lu en 1ere :p
Seulement internet a coupé après que j'ai posté :'(
Donc je reposte :d
 
Wahoo super épisode ! [:sanadette:1]
Même si j'ai pas trop compris ce qu'à raconté l'Empereur xD
N'empêche, il a du tact :p
 

Citation :

 -Il n’en est pas question, intervint le délégué. Personne d’aussi jeune n’a traversé ce lieu saint…  
-Eh bien, il sera le premier, affirma l’Empereur. »

empereur-paco Héhé, oui la suite j'essaierai de la poster avant la rentrée ;)!
Et oui l'Empereur n'est pas si tout puissant ;)! Héhé, je contrôle =)!
Bref, merci beaucoup...
saroue17 Ouah, je comprends un peu mieux comment fonctionne l'Empire.
Mais faudra que je relise ^^
Je ne savais pas que l'Empereur pouvait être jugé..  
Que s'est-il passé ? Ahhhh, je sens que je vais attendre pour la suite..
empereur-paco Bon j'ai mis du temps j'avoue et j'l'ai écris en plusieurs fois xD. Mais bon, voilà le 4ème épisode qui balaiera la dispute =)! Bon cette fois, vous découvrez un peu mieux l'Empire  :na: . Heureux(ses)? Et pis ça y'est, maintenant vous allez vraiment lui parler à l'Empereur :)! C'est y pas magnifique? Bon okay, ça sera pas directement, mais il dira plus que deux mots xD. Bon bah voilà, il est un ptit peu long (6 pages word)... mais ça compensera le temps que j'vous ai fait attendre aussi ;)! Donc, good reading (et vi, je parle anglais maitennant aussi ^^) ;)!

                                                                          Chapitre 4
 
  L’écran tactile s’activa. Le garde en faction releva le nez de sa console vidéo. Personne n’était attendu pourtant aujourd’hui. Il jeta un œil sur les caméras de surveillance. Une berline noire stationnait devant la porte de la ville. Elle portait les insignes de l’Empereur. Décidément le gouvernement avait raison, plus le temps passait, plus Sa Majesté cachait bien des choses. Il était tenu à annoncer toutes les allées et venues de ses hommes… Son Excellence se croyait-elle au dessus des lois ? Néanmoins on ne refusait pas l’accès à un agent Impérial s’il ne voulait pas avoir d’ennuis… Traînant des pieds, le garde sortit de sa poche une petite télécommande et il l’actionna le temps qu’il sortit de son bureau de fonction. Les immenses enceintes dissimulaient le ciel. Un ciel gris, chargé de nuages, chargé de doutes… S’appuyant contre la muraille, le polégardien patienta durant la remontée de la gigantesque porte de chêne. Les gravures sculptées s’usaient… l’Empereur ne les répareraient pas, vu la somme colossale qu’il débitait depuis une dizaine d’années pour Terrae. Et le Grand Conseil menait une politique trop sociale, délaissant totalement les œuvres culturelles payées autrefois par le palais Impérial. Le bon vieux temps où l’Empereur finançait tout était révolue. Lorsque le mécanisme de la porte se stoppa, le garde fit signe à la voiture d’avancer. Avant de pénétrer dans la ville, on passait dans le sas de régulation. Il suffisait juste d’authentifier les nouveaux arrivants et leurs passeports, histoire d’éviter tout étranger compromettant. Soupirant, le garde s’accouda sur le capot de la berline noire. Il remarqua alors de minuscules entailles sur sa carrosserie. Il sourit. Finalement, l’Empereur lui aussi faisait des restrictions budgétaires sur les apparences, lui d’habitude si à cheval sur la perfection de ses moyens. On racontait partout que quiconque ferait plus brillant que sa Majesté ne serait pas humain. Et il était vrai que sa limousine semblait toujours impeccablement noire. Railleur, le garde demanda au chauffeur d’abaisser sa vitre :
« Bonjour et bienvenue dans la capitale, monsieur l’agent. Vos papiers s’il vous plaît ? »
L’homme dans la voiture chercha dans la poche de sa veste sombre, tout en redressant ses lunettes de soleil, dissimulant ses yeux. Il tendit enfin les documents attendus. Le garde s’en saisit mollement et l’inséra dans une petite machine qu’il sortit des replis de son uniforme blanc. Brusquement, son teint vira au livide. Il jeta un coup d’œil rapide dans la voiture et il redonna d’une main tremblante les écrits. Chancelant, il fit une révérence :
« Nous n’attendions pas votre visite, Monsieur M… »
Jamais il n’avait approché cet homme de si près. On le disait le bras droit de l’Empereur lui-même. Que faisait-il, sans escorte, à vagabonder dans l’Empire en solitaire ? La gorge sèche, il ne savait que dire à ce haut dignitaire… Le respect, le respect surtout… Son regard souligna le visage du chauffeur et une étrange sensation le fit frémir. L’uniforme demeurait bien celui de l’Empire, avec la jacket repliée de trois boutons brillant sombrement, cependant il lui manquait quelque chose… Où était donc cet air si coutumier, cette allure si impassible, cet aspect si réfléchi, si évolué, si… détaché ? Soudain, il remarqua une affiche placardée non loin de sa cabine de fonction. L’agent M y figurait, entouré des jardins du palais Impérial. Il se souvenait des apparitions de M lors des discours de l’Empereur, à l’époque où il s’adressait encore directement à la foule… Son cerveau se cabra tout à coup. Son regard vira du chauffeur à l’image, de l’image au chauffeur. Puis il s’écria :
« Attendez, vous n’êtes pas… »
Mais déjà le chauffeur avait refermé sa vitre teintée et il partit en toute trombe du sas de régulation. Dégainant son arme, le garde tira. Les balle ricochèrent sur la carrosserie. Saletés de perfectionnistes… seules les voitures de l’Empereur résistaient aussi bien. La berline brisa la barrière et déboula dans l’avenue principale de la capitale. Le garde tata son oreille et hurla, paniqué, à ses supérieurs :
« Alerte ! Alerte ! Intrusion clandestine dans la capitale ! Je répète, intrusion clandestine d’un agent impérial… »
Sa vue se brouilla tant l’angoisse se répandait dans son esprit Le véhicule s’était fondu dans la masse. Impossible de le poursuivre dans ces conditions. Il risquait de gros ennuis… mais le Grand Conseil serait clément vu les tensions avec l’Empereur. La police du gouvernement passerait la ville au peigne fin…  
 
 
 Marc sortit de l’ascenseur. Il s’arrêta pour contempler le dernier étage. Les portes de verre claquèrent dans son dos, dans un bruit étouffé, la cage redescendit dans l’immense hall. Marc soupira de bonheur. Ses yeux réclamaient toujours plus de beautés. Le Palais Impérial les lui offrait : il agençait toujours toutes ses pièces avec splendeur. Il mêlait la complexité avec la simplicité. Autant le sol demeurait en marbre fin et blanc, autant les murs étaient à moitié nus. Seules deux petits buffets remplissaient cet espace magistral. Au garde à vous, deux agents tenaient la garde devant l’unique porte qui menait sur le toit. Pourquoi le toit ? Il n’y était jamais monté mais l’Empereur aimait beaucoup ce lieu. Les agents portaient des revolvers accrochés à leurs ceintures. Une sueur froide lui coula le long du dos… régnait-il une menace si pesante ici ? Le maître de la Terre, bienveillant, passa devant et lui fit signe de le suivre. Leurs pas résonnaient dans la coupole du plafond. Marc leva la tête. De magnifiques fresques ornaient les courbures et il s’amusa à compter les symboles qui dansaient au milieu de paysages somptueux. Le maître des lieux avaient décidément beaucoup de goût. Cette fraîcheur l’enthousiasmait. Au centre, une boule de Lumière blanche éclaircissait les peintures. L’enfant sourit. Elle semblait donc vraiment partout…
 Le maître salua les deux agents qui s’abaissèrent à leur tour respectueusement. Marc admirait les considérations qu’ils s’apportaient l’un l’autre. Il n’y avait aucune trace de supériorité entre les deux ordres, contrairement à Terrae.  
« L’enfant est prêt, dit le maître
-Parfait, approuvèrent les agents en faction, l’Empereur n’attend que lui. »
Le maître acquiesça d’un hochement de tête. Il se tourna vers le jeune Poxcenite et lui tendit une main avenante. Tremblant, Marc s’approcha. Il se saisit vigoureusement des doigts fragiles du vieillard et un vague sentiment de bravoure s’imposa dans tout son corps. Cet homme avait quelque chose de spécial et il vit à cet instant une petite lueur jaune illuminer ses pupilles bleutées. Décontenancé, il n’eut guère le temps de réfléchir davantage à cette observation. Les agents s’emparèrent d’une clef dans leur poche et ils l’insérèrent dans la serrure métallique. En un grincement lourd, rappelant toutes leurs années d’activités, les deux battants s’ouvrirent sur un large escalier blanc. Les polégardiens s’écartèrent pour laisser le passage libre. Gentiment, le maître, en retrait, poussa son élève à avancer. Etonné, Marc demanda d’une voix chevrotante :
« Mais… mais… vous ne venez pas avec moi ?
-Non mon enfant, c’est toi qu’il veut voir… rien que toi, répondit calmement le maître. Allez, vas… tu as entendu ? Il t’attend. »
Clignant des paupières, comme pour croire que cette scène ne s’était jamais déroulée, Marc s’aperçut qu’il était désormais seul à affronter le si puissant chef d’état. Cet homme que craignait les plus puissants de son monde natal. Son cœur s’emballait… les seules fois où il lui avait parlé, il avait toujours été en compagnie d’un des maîtres ou de l’agent M. Et il ne lui avait jamais tenu une grande conversation… Le ridicule le hantait. Il ne connaissait aucune phrase digne de répondre à ce grand homme… Il ne s’appelait pas encore Sarcadid Mernine…
Soudain, une ombre se dessina sur les murs de l’escalier. Quelqu’un descendait. Marc eut un vertige. Son destin venait à lui directement. Déjà, il s’imaginait des pans de tissus qui coulaient le long des marches. Les jambes flageolantes, il clopina jusqu’à la porte. Il ferma les yeux, il sentait toute son appréhension enserrer sa gorge… puis brusquement il découvrit l’agent M dans l’embrasure. Un immense soulagement balaya toute son anxiété. Son sauveur ! Il semblait toujours là quand il fallait… Courant, Marc lui ouvrit ses bras. M le reçut avec un sourire gêné. Délicatement, il le repoussa un peu. Surpris, l’enfant eut des larmes de frustration qui lui piquèrent les yeux. Tout se passa dans le regard. L’agent secoua la tête de gauche à droite d’un air désolé. Dépité, Marc baissa la sienne. L’agent lui ébouriffa les cheveux. Il faisait toujours ça quand il s’agissait de lui remonter le moral. Dans la plupartdesc as, ça fonctionnait. Ensuite, il s’accroupit devant lui, pour lui chuchoter à l’oreille :
« Et ne t’inquiète pas, l’Empereur est comme toi… il est impressionné par ta rencontre… »
Amusé, Marc sourit. Comme s’il pouvait troubler un chef d’état… L’agent se releva et lui fit une tape amicale dans le dos. L’enfant se revigora. Les deux gardes de la porte restaient impassibles. Lentement au départ, Marc monta les marches. Le Soleil du matin apportait un immense flot de Lumière… Elle aussi voulait le réconforter. On l’aimait, on prenait soin de lui… de quoi se méfiait-il ? Il crut que l’escalier ne se terminerait jamais. Une peur lui tiraillait les entrailles et au fond de lui même, il aurait souhaité que rien ne s’achève, grimpant indéfiniment sur ce bijoux de marbre. Une pensée saugrenue lui traversa l’esprit : la Lumière était-elle capable de stopper le temps ? Il réfléchirait à cette suggestion plus tard… Néanmoins, il aperçut finalement les gilles ouvrant l’accès au toit. De fer forgé, elles s’ornaient de délicieuses courbures dansant parmi la végétation du jardin. Au bout de ses piques, elles doraient au soleil… Marc les passa. Il vit alors l’habileté des jardiniers de l’Empereur. La Polégardie possédait des artistes talentueux… Il oublia brusquement qu’il se situait sur le toit d’un palais Impérial. Il s’effaça de ces deux mondes si différents. Il entra dans le sien. Des ondes le transperçaient, une vision nouvelle lui apprenait la beauté des choses. Ainsi, il franchit les deux petites collines dorées qui évoquaient les coupoles et il s’adonna entièrement à cet espace immaculée. Des arbres centenaires ondulaient sous la brise fraîche du matin. L’aube irradiait leurs feuilles jaunies. Le mois de novembre se mourrait pourtant… mais la nature d’ici n’en semblait pas préoccupée. Marc foula alors le petit sentier de gravillons qui menait jusqu’à un petit kiosque blanc. Les oiseaux chantaient gaiement et un torrent d’allégresse se déversa dans son cœur. Ce monde était beau. Il apportait le bonheur… Pourquoi Terrae ne se laissait pas envahir par cette glorieuse joie ? Pourquoi préférait-elle l’affrontement ? Tout autour de lui, des roses bordeaux et blanches parfumaient l’air, caressant les narines. Marc s’en saisit d’une et l’huma. Son cerveau, à son tour, se laissait bercer par cette savoureuse béatitude. Elle était douce. Aucune épine n’escarpait sa fine tige. Marc continua de divaguer dans le jardin, se composant un bouquet floral des plus magnifiques. Enfin, il arriva à la hauteur du kiosque. Il monta et il découvrit à l’arrière, une immense prairie, bordée par d’éclatants et étranges arbustes. Le palais possédait des dimensions gigantesques. La végétation demeurait d’un vert éclatant, soyeux, alléchant. Sautant par-dessus la barrière, il se roula dans ce gazon si tendre. Puis, épris d’un sentiment de liberté, il se déchaussa et courut à en perdre haleine. L’herbe lui chatouillait les pieds et Marc valsa parmi ses brins. Agité par une humeur chaleureuse, il remarqua tout à coup une silhouette au loin. A l’ombre d’un saule, une table était dressée et un homme lisait. Puis, il tourna la tête vers l’enfant et se leva. Honteux, Marc brisa ses rêverie et s’empressa de remettre ses baskets. Ces agissements étaient puérils, il en avait conscience. Que penserait-on de lui ? Nettoyant du revers de la main les plis de ses habits, il s’avança, gêné, vers l’Empereur. Celui-ci aussi s’approcha. Son visage était dissimulé sous un voile qui voletait par saccades, suivant la force du vent. Marc avait un jour voulu apercevoir les traits de sa figure. Mais il s’était retenu, constatant qu’il souhaitait violer l’intimité du polégardien. La curiosité était un vilain défaut, cependant, si tentant…
 L’Empereur ignora totalement ce qu’il avait du voir. Il se contenta de croiser les bras derrière son dos, durant sa progression. Il paraissait voler par-dessus l’herbe, comme si elle n’était pas affectée par son poids, comme si la logique scientifique s’annulait. La pelouse ne semblait nullement altérée par son passage. L’Empereur s’empara d’une coupe de fruits et la tendit à l’enfant. Des fraises d’un rouge succulent se reposaient contre les parois argentées.  
« Bonjour, Marc, dit-il simplement
-Bonjour, répondit Marc intimidé et le cœur battant
-Prends-donc un de ces délicieux fruits, pour un aussi beau matin… »
L’offre le rendit mal à l’aise. Il était déjà logé et nourri à ses frais. Néanmoins, s’exécutant, Marc en puisa un et le croqua avec plaisir. Son goût sucré s’immisça dans l’intégralité de sa bouche et il le savoura durant plusieurs secondes avant de l’avaler, avec une pointe de regret. Jubilant, Marc affirma :
« Vous m’honorez… Je dois avouer que je n’ai jamais mangé meilleure fraise que sur votre monde… »
L’Empereur s’esclaffa. Remué par un rire intense, il reposa vivement la coupe sur la table. Embarrassé, Marc ne comprit pas pourquoi ces paroles provoquaient un tel amusement. Peut être avait-il commis une erreur…
« Votre Majesté, je suis confus… si j’ai brisé le protocole, bafouilla t-il, veuillez m’en excuser…
-Pas du tout, certifia l’Empereur entre deux rires, c’est juste ce que tu viens de me dire qui me procure cela… c’est moi qui suis insultant. Pardonne-moi.
-Vous l’êtes Majesté, assura Marc confus, mais… qu’y a t-il de si drôle dans ce que je viens de vous complimenter ?
-Eh bien, répondit le polégardien, ces fraises n’ont pas été cueillies dans l’Empire… elles ont été importées de Terrae. La terre de ce monde-ci est bien trop pauvre pour produire d’elle même ces fruits si tendres…
-Ah bon ?, demanda Marc étourdi. »
Puis remarquant que sa question paraissait idiote, il s’empressa d’ajouter :
« Pourquoi vos domaines sont-ils si stériles ? Vos jardins sont pourtant magnifiques ici…
-Oui, et cela surtout depuis une dizaine d’années… Les domaines agricoles par ici sont très rares… L’Empire n’est pas forcément ce qu’il aurait aimé être… Il se joue beaucoup sur ses apparences…, rétorqua l’Empereur. Il mise incessamment sur le bluff et sa chance… mais cela ne durera pas…
-Vous ne parlez pas que de l’agriculture je présume ?; interrogea Marc intéressé
-Effectivement… non.
-De qui alors ?
-Tu me sembles bien curieux, jeune homme.
-Veuillez m’excuser à mon tour, Sire, bafouilla Marc
-Et pour quel motif ? Pour s’intéresser à l’avenir de son peuple ?, répliqua Sa Majesté. Non, j’aime ton intérêt à nos actions. Je conçois parfaitement que tu t’inquiètes. En vérité, je parlais surtout des agents. Bientôt Terrae s’apercevra de la supercherie…
-Et de quelle supercherie ?, s’enquit l’enfant. ».
 L’Empereur marcha vers la limite du toit. Marc le rattrapa en quelques foulées. Il désirait en apprendre plus. Il détestait être mis à l’écart… Que cachait l’Empire ? L’Empereur contempla les alentours, silencieux.
-Je suis désolé, je vous en demande trop…
« La quantité… tout se joue sur un effet de quantité, expliquant le polégardien négligeant les pardons de son jeune invité. Les agents sont bien trop peu nombreux. Ils en donnent l’impression, c’est tout.
-Pourtant… je me souviens que les médias parlaient d’une immense armée d’agents… et puis, j’en vois toujours de plus en plus dans ce palais, répéta l’enfant consterné par ce commentaire s’opposant à toutes ces croyances.
-Ce n’est qu’illusion, poursuivit l’Empereur. Une centaine d’agents déployés sur un même lieu, pour un même événement, pour une même cause… et l’esprit s’imagine la relève, car il doit y avoir d’autres agents pour superviser toute cette parade… mais il n’y a pas de relève. Je vide mes garnisons pour combler le vide. »
Silencieusement, il s’appuya contre le rebord du toit. Marc le rejoignit et il s’aperçut de la capitale en contre-bas. La réalité se connectait à nouveau. Il se croyait perdu au milieu de la nature, alors que l’agglomération les encerclait… Une étoile… la ville formait une étoile. Il ne l’avait jamais deviné. Et le palais Impérial était au centre. Il distinguait les cinq tours qui délimitaient les cinq branches du pentacle. Toute cette organisation… cette cité était taillée comme un bijou, négligeant les contre-temps, les guerres ou le manque d’argent. Quelques secondes s’étaient écoulées lorsque Sa Majesté pointa du doigt un grand bâtiment au loin. Sa peau était recouverte d’un gant de velours noir. Tout ses membres étaient dissimulés.
« Le gâchis mais la réussite de mes rêves… le problème qui se transformera en solution.. . »
Marc ne répondit rien. Il regardait les drapeaux flotter au-dessus de la bâtisse. Une tour d’or, au centre, pointait le ciel bleu.  
« Le siège du Grand Conseil… L’autre pouvoir de cet Empire. Je ne m’en plains pas, précisa t-il rapidement. Il faut séparer les pouvoirs. C’est plus juste… Cependant, il ne voit pas le problème et il me contre. Pour lui, Terrae est insignifiante, indésirable et il n’enclenchera rien pour nous aider toi et moi à unir nos civilisations. Il a peur de la guerre. Il craint que nos méthodes n’amènent les hostilités. Il préfère se taire. Par son indifférence, il créera l’ardeur de nos batailles incontournables…
-Je ne connais rien de ce Grand Conseil, avoua Marc. M… je veux dire l’agent M, se rattrapa t-il, m’en a vaguement expliqué les bases… mais il ne s’est pas trop étalé sur le sujet.
-Il a bien fait, consentit l’Empereur. Il ne faut pas t’entraîner aussi vite dans les rouages de la politique de l’Empire. Tu es trop jeune…
-Mais je veux savoir tout de même… »
Le monarque se redressa. Le ciel paraissait s’embrumer, se chargeant de nuages. Le vent prit de l’intensité, apportant un air chaud et le sol gronda. A une autre époque, Marc aurait paniqué, craignant une malice de la nature… Désormais, il savait que la Lumière se manifestait, comme si elle conseillait l’Empereur sur le procédé à suivre. Et Marc la sentait.
« Soit, concéda alors l’Empereur. Je te parlerai du Grand Conseil et je te mets en garde dès à présent. N’essaie pas de contrôler cette puissance. Elle doit restée distante à ma maison, pour que l’harmonie règne en ce pays. »
Marc approuva d’un hochement de tête. Ses yeux brillaient de curiosité. L’Empire l’émerveillait. Il l’étudierait et se renseignerait sur lui de toutes les manières possibles, comme Mernine.
« Bien, acquiesça l’Empereur. »
D’une voix solennelle, il continua :
« Le Grand Conseil fut créé par mon autorité. Oui, répéta t-il devant la tête étonnée de l’enfant, je l’ai instauré moi-même. La situation ne me permettait plus de gouverner… »
Il se tut un instant… et Marc comprit de quoi il parlait. Les paroles du vieux maître résonnait dans son esprit, réveillant des sanglots écrasés :
« Elle nous a quitté il y a fort longtemps, mon ami. Mais je puis t’assurer qu’elle a marqué l’Empire à jamais… »
Il ne dit rien, accordant au monarque le temps qu’il suffisait pour reprendre son explication. Avec le voile, il ne pouvait voir s’il pleurait, s’il dégageait des émotions intenses ou même tout simplement s’il gardait un visage fermé mais empreint de chagrin.
« J’ai donc décidé de passer mon pouvoir, poursuivit-il. Mais je souhaitais un gouvernement bien structuré qui prendrait des décisions habiles, sans aucune ambiguïté. Je l’ai donc séparé lui aussi en trois corps. Ces trois corps ont le droit d’un seul vote. Ainsi, il n’y aurait aucune égalité lorsqu’il s’agirait de voter et le pays évoluerait vite. J’ai subventionné moi même la construction de l’édifice qui abriterait ce nouveau pouvoir. J’y ai consacré tout mon cœur, m’efforçant dans ce but, oubliant mes soucis. Le Parlement était décoré des plus belles parures que je pouvais lui offrir. Aujourd’hui, par leur insolence, il n’en reste rien…  
-Ils les ont détruites ?
-Ils les ont abandonnées aux mains du temps, pour montrer clairement leur détachement…
-Il n’avait rien à prouver selon vous…
-Exactement…, soupira l’Empereur dans un râle attristé.
-Et qui sont ces trois corps ?, demanda Marc passionné par cette leçon
-Oh… A l’époque ces trois corps me fascinaient. Me voilà bien placé pour te les énumérer. Siégeant à gauche de l’hémicycle, les populaires défendaient le peuple et ses droits. Il clama de grandes réformes dans le pays. Ils ont réussi à fédérer une bonne fois pour toute l’Empire. Je leur en suis reconnaissant. A droite, les conservateurs surveillent à ce que le patrimoine ne soit pas trop entaché. Ils adhèrent à la défense de nos anciennes connaissances. Il garantissent mes biens en quelque sorte. Mais pourtant, c’est au centre qu’ils sont les mieux gardés. Le corps des impérialistes patronnent ma maison. Ils sont ma voix dans cette assemblée de conseillers. Ils disent maintenir mon statut. Ils s’en vantent mais ce n’est que chimère. En réalité, aucun de ces politiciens ne me détrônera…
-Vous les menacez ? Enfin, je veux dire, vous êtes intouchable ?, bredouilla t-il réalisant que sa question était impolie
-Pas à ma connaissance, rit le monarque. Mais mon argent les intéresse beaucoup trop pour se détacher de moi. Voilà pourquoi ma quête de Terrae les ennuie. Je serais tenté à les délaisser…
-Et ce n’est pas le cas ?
-L’Empire passera avant tout…
-Et le chancelier ? Sarcadid… euh je veux dire Monsieur Mernine, m’a raconté l’épisode de votre rencontre… alors que j’étais capturé…
-Le chancelier Nostram ? Il n’a jamais mis un seul orteil sur votre République. Il est bien trop fier pour cela. Pour lui, vous ne seriez que la perversion de notre Empire. »
 Sur ces mots, L’Empereur souffla, se retourna et se dirigea vers le kiosque, s’éloignant de la bruyante capitale. Le ciel se dégageait. La Lumière se détendait. Le polégardien aussi sûrment. Elle transperçait à présent le crépuscule.  
« Et je trouvais assez comique de prendre la place de Nostram lors de mes visites… et de voir à quel point votre République était sérieuse alors qu’une telle duperie aurait été aberrante ici.  
-Pourquoi ?, demanda Marc qui le suivait
-Parce que le Grand Conseil ne se mêle jamais de mes affaires, sauf contraint… et vice versa. Il ne m’épaulera jamais et on sait pertinemment qu’il le fera encore moins en rapport avec Terrae, vu toute son aversion pour elle. Et ce depuis trop longtemps… »
 Un singulier tumulte stoppa Marc dans l’une de ces questions qui lui brûlaient les lèvres. Au loin, des silhouettes se débattaient et une voix s’écria :
« Je suis un haut émissaire du Grand Conseil, vous devez me laisser passer ! J’en ai l’ordre ! »
Marc tendit son cou. Il ne distinguait que ses contours. Se produit alors à nouveau un mystère de la Lumière. Le paysage paraissait défiler à toute vitesse et sa vision de l’herbe sous ses pieds se troubla. Puis, en une fraction de seconde, Marc se retrouva devant les grilles de l’entrée des jardins. Il soupçonnait l’Empereur d’être la cause de ce phénomène. Le monarque, satisfait, s’approcha doucement du nouveau venu. Il portait une toge blanche, recouverte d’un bandeau rouge de l’épaule droite à la hanche gauche.  
« Que veut le Grand Conseil ?, murmura l’Empereur lorsqu’il fut assez près de son oreille. »
L’émissaire sursauta. Il ne s’attendait apparemment pas que l’Empereur vienne si rapidement à sa demande. Les deux agents qui menaient la garde le relâchèrent et saluèrent leur maître, d’un respect indéniable. Puis ils se retirèrent vers les marches, surveillant d’un œil soupçonneux cet agitateur. Le délégué réajusta sa banderole puis fixa l’Empereur de ses yeux intelligents.
« Le Grand Conseil désire des explications à propos de l’évènement de ce matin, Votre Majesté.
-Et de quel incident m’accuse t-on encore ?
-Sire… ne le prenez pas comme une attaque personnelle. Mais l’un de vos hommes a forcé nos barrières ce matin…
-J’ai une totale confiance en mes hommes. Personne n’est sorti de la capitale depuis deux semaines. Et aucun d’entre eux n’est sensé revenir avant quatre autres. C’est sûrement un clown qui s’amuse à défier vos barrières…
-Aucune personne du peuple ne pourrait s’accaparer l’une de vos berlines, Votre Majesté.
-C’est impossible. Les copies existent, trancha l’Empereur.
-Peut être, même si ce n’est pas l’avis de notre fonctionnaire sur place, accorda l’émissaire, mais je suis tenu à vous emmener devant le Grand Conseil pour vous justifier.
-Bien, conclut le monarque, si le Grand Conseil me sollicite…je ne déclencherai pas d'animosités. Mais l’enfant viendra avec moi. Il n’aura pas de meilleures leçon de ce qu’il verra par ses yeux… »
Une décharge paralysa Marc. Les joues en feu, affrontant le regard courroucé de l’homme du Grand Conseil, il haleta mais se tut. Il s’agissait d’affaires qui le dépassaient et dont il en prenait aucune véritable conscience…
-Il n’en est pas question, intervint le délégué. Personne d’aussi jeune n’a traversé ce lieu saint…
-Eh bien, il sera le premier, affirma l’Empereur. »
Puis, se penchant vers l’émissaire, il appuya :
« Il vient avec moi ou alors vous trouverez une excuse pour mon absence ! »
 L’homme se tut. Puis il se prosterna en déclarant :
« Si c’est la seule volonté de Votre Majesté, alors suivez-moi… »
 Il se tourna et descendit les marches de marbre. L’Empereur entoura de son bras droit les épaules de l’enfant. Une fierté sans nom éblouit le cœur de Marc et un sentiment d’importance le souleva de terre. L’Empereur l’entraîna à sa suite… des agents les protégèrent. L’agent M n’était pas là. Tant pis, l’Empereur saurait le protéger aussi. Il allait en apprendre encore plus sur l’Empire et ses mystères…

 
A suivre...
Sanadette J'sais pas, parce que tout le monde fait ca sur ce forum x)
sygmatik Pourquoi on s'amuserait à ne pas s'aimer...? :sarcastic:
 
Oui ravie donc ton cher fan club ^^
 
Sur ce la cruche débarrasse le planché *bon débarra oui je sais ;)*
Delphesine Le principal c'est qu'il arrive à terminer son épisode.
Sanadette Non mais :o C'est honteux :o
empereur-paco J'crois que j'ai fait le poisson rouge...
Voilà j'ai édité hein :sarcastic:.
Sanadette

Citation :

Tiens coucou babeth, je ne t'ai jamais vu par ici =)!


 
Paco... =O
Qu'ose tu dire ?  
 

babeth a écrit :

Oh si ! vous comptez au moins pour une vingtaine de lecteur,alors empereur-paco la suite... :lol:  


 
Page 2 :o
 
Alors soit  
-Tu mens
-Tu n'as pas de mémoire
-Tu ne sais pas lire  
 
 :o

empereur-paco Moi j'attends surtout de pouvoir terminer mon épisode xD.

 

Tiens coucou babeth, je ne t'ai pas beaucoup vu par ici =)!

Delphesine Oui mystère, mystère...  
Le forum est plein de mystères.  
 
Nous attendons la suite et fin, dans un prochain épisode.
babeth mystère, mystère, Sanadette.
Sanadette Heu une question sur l'autre cruche xD
Vous êtes "réellement" en "dispute" ou vous faites "semblant" là ? =S
Je commence à m'inquiété ^^'
 
Ouais Patientons (Y)
empereur-paco Bon allez on oublie l'autre cruche.
Une info: l'épisode 4 sera bientôt parmi nous =P. J'vous recommande donc la patience ;).
Sanadette

empereur-paco a écrit :


Bref encore une fois, ça a beau avoir 18 ou plus, comme tu aimes si bien me le faire remarquer,  j'trouve que des gens comme Saroue ou Sana sont bien mieux éduquées que toi =).


 
Je ne veux pas me mêler de vos dispute ^^ mais merci <3

sygmatik Je ne met jamais en avant mon age donc bon =)
 
je suis ravie de te donner le loisir de t'apitoyer sur moi =)
Avoir autant d'importance à tes yeux me ravie au plus haut point =)
empereur-paco Effectivement, c'est tellement plus juste de venir critiquer quand on a mm pas lu une ligne d'un seul épisode... venant de Sana, Saroue, Prissou, Lune-Rouge etc... j'aurais tout à fait accepté, comme je l'ai fait la plupart du temps à chaque fois qu'elles me demandaient de remédier à deux ou trois trucs car ELLES, elles pouvaient le faire puisqu'elles avaient pris la peine de s'intéresser ;). Toi en débarquant sur tes grands chevaux, tu me fais plus que pitié :).

 

Bref encore une fois, ça a beau avoir 18 ou plus, comme tu aimes si bien me le faire remarquer,  j'trouve que des gens comme Saroue ou Sana sont bien mieux éduquées que toi =).

sygmatik Et ouai Sanadette, c'est ça de trop croire en son talent alors qu'il est inexistant xD
 
C'est pas grave on a divorcée récemment :D
Sanadette AÎe aïe aïe, dispute de couple =)
empereur-paco Hé, j'aime pas ta gueule et je le dis pas forcément... surtout quand on vient poster sur un truc dont on sait rien --'.
sygmatik Bon Paco tu sais combien je t'aime mais voilà je suis passée sur la page 4 du topic et j'ai vu un projet de couverture o_o

 


bah j'ai envi de dire écrit mon amour mais déleste le poids de la création de couverture xD

 


amoureusement tienne ;)

 

SygY

Sanadette mdr'xD :lol:
empereur-paco Lol, Ironie :p
Surtout que quand j't'ai écris ça, j'étais tranquille pépère avc des gens, prêt à attaquer une dure aprèm' de glandouillage xD.
Sanadette Dur ? O.O
empereur-paco Ah la la ,et oui, c'est dur la vie de vacancier ^^.
Ben écoute on a tous un cerveau tordu...
Sanadette Oui :sol: et toi ?
Non mais c'est despéré, il faut avoir mon cerveau tordu pour comprendre ^^
empereur-paco Oui Bonne nuit... t'es en vacances toi?
Ah la la, on verra bien si aujourd'hui tu expliqueras mieux ce que tu ressens =)!
Sanadette Heu ce que j'entends... bah que c'est pas "ca" qui est mis en avant je trouve... oula c'est tordu ce que je dis =S
Bon je verrai si demain je trouve les mots parce que là je vais me coucher ^.^
c'est pas que ton histoire endort mais... xD je dec
 
Bonne nuit :hello:
empereur-paco Héhé.
Oui, quand je parlais vous allez découvrir l'Empire... je ne parlais pas du territoire ni de sa société, mais de son ambiance et de sa philosophie ;).
Sana, qu'entends-tu par ce n'est pas le "sujet"?
Enfin si t'arrives bien à te faire comprendre, tkt pas ;)!
Rooh et pis Saroue, du moment que tu fais pas comme l'Impératrice, j'te laisse encore un peu patienter ^^.
Sanadette C'est... très bien écrit... et bizarre =)
Je vais sembler "méchante", désolée ^.^,
Mais je ne peux pas trop dire ce que je pense de l'Empire à partir de cet episode, car je trouve qu'il  n'est pas vraiment... "le sujet" ^^
Bon j'arrive pas a me faire comprendre *w*
Simplement il est très philosophique ^^
Et l'épisode est mystérieux...
saroue17 C'est magnifique.
La dernière phrase du vieillard est superbe, et vraie.
Quelle tristesse, la fin m'a ressérée le coeur, triste destin pour cette Impératrice.. Elle semble tellement belle.
Pourquoi s'est-elle suicidée ? Que va révéler l'Empereur à Marc ?
Me fait pas attendre, c'est un supplice T.T
empereur-paco Oh, juste pour appuyer que si toi aussi tu es d'accord, c'est que c'est vraiment frais vrai =).
Bon allez, ce soir, je vous fais part du troisième épisode, bon d'accord, un ptit peu long ^^. Et là je vous assure, bienvenue dans l'Empire =)! Vous allez en être imprégné quand vous ressortirez (du moins je l'espère xD). C'est pourquoi je vous demanderai de me commenter l'atmosphère que vous ressentez, en gros, la "chose" que ça vous fait. Enfin voilà donc en gros j'attends vos réponses à tout ça! Et pis euh... bah, bonne lecture à tous, comme d'habitude ;)!

                                                                        Chapitre 3

 

 L’Empire. Partout l’Empire. Marc dévisageait les longs couloirs du palais Impérial. L’agent M s’était échappé de son étreinte. Une entrevue avec l’Empereur l’attendait. Marc demeurait seul, au milieu de ce cristal de pureté. Il s’avança. Ses pas donnaient quelques notes fluettes sur le sol fin. Lentement, sa marche se transforma en une symphonie de sons clairs qui se répercutaient contre les murs en verre opaque. Une douce mélodie s’éprit de son esprit et elle l’emporta sous les effluves de son concerto. Il paraissait léger au milieu de toute ce raffinement et il se surprit à gambader au rythme de la musique entraînante qui murmurait à son oreille. La Lumière était maîtresse. Partout elle rappelait sa présence. Elle transperçait les obstacles et elle s’enroulait autour de ceux qu’elle aimait. Marc la caressa de ses mains et la contempla amoureusement. Un rayon dansa dans ses cheveux d’or puis il partit loin en avant. Il lui indiquait le chemin à parcourir. Intrigué, Marc le suivit. Néanmoins, il s’arrêta lorsqu’il aperçut une gravure surprenante. Sur un pan de mur, des paysages d’émeraude, des soleil de rubis ou des ciel de saphir s’illuminaient sous l’impulsion de la Lumière. Les contours se distinguaient par elle, puis les couleurs se remplissaient en fonction de la quantité de lumière acceptée, jouant avec les effets d’ombres. Marc n’avait jamais découvert cet endroit et il fut charmé. Il posa sa paume sur le visage d’un être voilé par une brume d’or et il remarqua qu’il était chaud. Il pressa alors son autre main et il souligna langoureusement des doigts les ourlets soignés par un outil de maître. Ainsi, par la magie de quatre éclairages différents, du rouge, du vert, du bleu et du jaune, il contempla le désir suprême de tout homme. Son regard s’arrêta sur le corps d’un personnage nu. Ciselé d’une perfection inimaginable, l’être dégageait un amour délicieux. Longeant son bras tendu, Marc entrevit ensuite la splendeur d’une femme, allongée sur le côté, qui lui tenait la main. Elle exprimait la douceur incarnée, et elle lissait délicatement ses cheveux aux tons de nuit. Marc eut le cœur serré, l’Amour le pénétrait. La Lumière lui lécha le visage… les gravures se troublèrent. L’enfant se retourna et il poursuivit. Cet endroit demeurait vraiment somptueux. Taillé dans du diamant, le couloir brillait de mille éclats. Plusieurs fois, il repérait son reflet, qui se cachait derrière des piliers de marbre. Ces derniers encadraient de leurs arches gracieuses l’ensemble du parcours. Des tapis d’herbes continuellement fraîches tapissaient à présent le sol. Marc se déchaussa et il reposa ses pieds nus sur cette tenture naturelle. Traversé par un sentiment de douce délectation, il sautilla à la suite de la Lumière. Enfin, il aperçut une fenêtre. Il s’élança vers elle et il l’ouvrit. Une rafale de vent l’ébouriffa et s’empressa de secouer l’univers stable du couloir. Marc avait une vue sur la cour Impériale donnant accès à la grande porte qui se fermait sur le reste de la capitale. Derrière ses remparts, le palais était réellement un monde à part. Plus loin, l’enfant distinguait les hautes tours des immeubles d’immenses sociétés de l’Empire. Inlassablement, des gyroptères, dont Marc commençait à s’habituer de leurs présences, se posaient ou s’éloignaient des toits, déposant leurs propriétaires.
« Que contemples-tu mon ami ? »
Marc n’avait pas écouté l’approche du vieux maître. Confus, il se tourna vers un homme âgé, vêtu d’une longue tunique jaune. Une petite coiffe lui recouvrait la tête. Et il s’appuyait sur une solide canne pour ne pas s’affaisser sur le sol moelleux.
« Rien, Maître. Je ne fais qu’observer la beauté de votre monde. »
Le maître rit. Marc s’en étonna. En quoi sa réponse était source de plaisanterie ? Se renfrognant, l’enfant baissa la tête et inspecta les limousines garées en contre-bas, dans la cour. Le maître se tut, puis il interrogea :
« Et de quelle beauté me parles-tu mon enfant ?
-De la beauté de votre ville, de la finesse de votre philosophie et de l’agréable atmosphère qui règne ici, murmura Marc se laissant choyer par la Lumière du soleil. »
Le vieillard acquiesça d’un signe lent du buste. Puis, s’approchant de son élève, il ajouta :
« Te faut-il changer de monde pour découvrir tout cela ? »
Décontenancé, Marc se répéta cette ultime question. Déjà, le maître s’en allait. Refermant vivement la fenêtre, stoppant par la même occasion tous les bruits étourdissants de la capitale, il courut rejoindre le vieillard. Mais il ne dit rien. Ensemble, ils arrivèrent enfin devant la porte qui délimitait la fin du couloir. Celle-ci s’ouvrit toute seule. Ses lourds battants de pierres poncées se retirèrent chacun dans le mur de l’embrasure, offrant l’accès aux deux passants. La pièce qui se situait à l’arrière, Marc ne la connaissait que trop bien. La première fois, il avait été époustouflé. Mais au bout de quelques mois et de plusieurs leçons s’y déroulant, il s’était accoutumé à sa grandeur. La Bibliothèque ne semblait jamais se terminer. Des rangées d’innombrables livres s’entassaient sur des étagères ancestrales. La Bibliothèque avait été placée dans une tour du palais, si bien que des escaliers en colimaçon permettaient d’accéder aux rayonnages du haut. Marc n’avait jamais monté jusqu’au sommet. Il avait peur. Il ne le voyait pas.
« Il faut d’abord se méfier de l’inconnu avant du connu. » lui avait pourtant inculqué plusieurs fois les grands maîtres. Mais l’enfant n’avait pu se résoudre à grimper les quantités incalculables de marches. Et, à son soulagement, la plupart des ouvrages que lui quémandaient ses professeurs reposaient dans le bas.
 Le Maître en jaune alla s’asseoir sur un fauteuil confortable. Un large table lui faisait face. Marc reconnut Sarcadid qui dévorait les lignes d’un vieux recueil. L’enfant n’était désormais plus impressionné par l’ancien président de la République Terrae. Il était même devenu lui aussi un ami. Il passait son temps à lire et à discuter avec l’Empereur les soirs. Mernine qualifiait ce chef d’état de passionnant. Cependant, à chaque entretient, l’Empereur lui donnait une énigme que Mernine cherchait dans les livres le lendemain pour y répondre la prochaine veillée. Voilà comment il occupait ses journées. Comme il l’avait promis à son peuple, il étudiait l’Empire… d’une étrange manière certes, mais d’une méthode infaillible. Marc le salua alors et Sarcadid releva la tête spontanément, comme sortis d’un charmant rêve.
« Oh, bien le bonjour petit. Comment vas-tu ce matin ? »
Il jeta un rapide coup d’œil au maître à l’autre bout de la table et lui fit un petit signe de la main. Puis, il reporta son attention sur l’enfant :
« Ces vers sont passionnants. Je n’ai pas vu le temps passer. Cet Empire m’étonnera de jours en jours. Il renferme des poètes d’un étrange raffinement. Je ne sais comment il s’inspire mais c’est pour le plaisir de l’esprit…
-Beaucoup de choses sont étranges ici, Sarcadid, répondit Marc. Sauf si ce sont nous qui sommes étranges…
-Effectivement, accorda Mernine, je vois que la philosophie polégardienne te touche toi aussi, rajouta t-il en souriant… »
Il se replongea alors dans les pages du manuscrit. A l’expression de son visage, Marc devina facilement que l’ancien président éprouvait une allégresse indéniable à déguster les lignes de son ouvrage. Cependant, lorsque Marc rejoignit le maître en jaune, il l’interpella :
« Ô, j’oubliais, l’Empereur m’a confié de te signaler la présence d’un nouveau tableau à l’autre bout de la Bibliothèque. Je suis allé le voir moi même et je crois qu’il compte beaucoup pour sa majesté…
-C’est ce que je m’apprêtais à faire, approuva l’enfant, M m’en avait parlé…
-Ah, si M est allé plus vite que moi, rétorqua Sarcadid d’un air faussement jaloux. »
Marc sourit. Tout le monde s’apercevait de la complicité entre lui et l’agent. Et Mernine était un expert quand il s’agissait de les taquiner à ce sujet. Mais, l’enfant voyait bien qu’il était particulièrement heureux de cet amitié. Au sein de l’Empire, l’agent semblait imposer une importante place. Il ne pouvait être qu’un allié puissant pour le jeune enfant. Et Sarcadid s’en réjouissait. Lui qui avait cru que l’intégration se ferait durement après tous les châtiments imbéciles qu’il avait osé prononcer lorsqu’il était encore à la tête de Terrae…
 De nombreux érudits s’imprégnaient du savoir de la Polégardie dans la Bibliothèque. Marc obligea le maître à se lever et à le suivre. Les gens se bousculèrent à leur passage et certains même risquèrent une révérence au jeune enfant. Marc détestait cette impression de supériorité qu’on lui octroyait. Il se retrouvait plus gêné qu’honoré. On le considérait comme un prince depuis son arrivée. Il n’avait pourtant nulle apparence d’un tel titre. Il traversa ainsi plusieurs rangées d’étagères toutes plus hautes, toutes plus chargées, toutes plus rayonnantes de connaissances que les autres. Enfin, il aperçut le tableau. Au loin, il avait cru qu’il s’agissait d’une personne de chairs et d’os, tellement la peinture semblait réelle. Puis peu à peu, il remarqua que son sourire énigmatique demeurait figé et que ses gestes gracieux persistaient immobiles. Son cœur se serra. Une femme magnifique, d’une grandeur incontestée, se tenait droite devant lui. Elle était belle, sans aucun doute. Sa robe aussi simple que riche, la recouvrait délicatement. Une légère transparence permettait d’entrevoir la finesse de son corps. Elle avait quelque chose, quelque chose d’indescriptible. Son regard, aussi bleu que l’immensité des océans, était empli d’une profonde tristesse ce qui rajoutait une pureté supplémentaire à toute sa grâce. A cet instant, Marc voulait la connaître, il aurait souhaité la prendre dans ses bras, caresser ses cheveux recouverts d’un voile sombre… Une main sur son épaule le sortit de son émerveillement.
« Ah, quelle femme cette Impératrice… »
Marc sursauta. L’Impératrice ? Elle-même ? Il n’en avait jamais écouté parler. Ce portrait existait dans la vie réelle ? Ce n’était pas une autre chimère de la Lumière, des œuvres magnifiques de l’Empire ? Marc sentit son cœur s’emballer. Déjà il désirait la rencontrer, lui faire allégeance et lui prêter serment de fidélité. Le maître en jaune sourit devant l’agitation de son jeune élève et il lui caressa la joue en confiant paisiblement, comme pour enlever toute douleur à ces paroles :
« Mais elle nous a quitté il y a fort longtemps, mon ami. Mais je puis t’assurer qu’elle a marqué l’Empire à jamais… »
Le monde naissant et frêle que s’était bâti Marc s’effondra brusquement. Toute sa joie fut balayée par une amère tristesse. Alors, finalement, il ne la verrait jamais ? Un soupir s’échappa de ses poumons et il marmonna :
« Comment un monde a t-il pu se séparer de cette beauté sans nom ?
-Ce n’est pas le monde qui en a décidé ainsi. Mais elle même… »
Marc releva son regard d’un air interrogateur. Le maître en jaune ferma ses paupières puis les rouvrit, des larmes perlant ses yeux…
-Elle s’est suicidée…, souffla t-il »
Marc se rattrapa à une chaise, manquant de tomber. Elle s’était offert elle-même à la mort ? Ce bijoux, cette pureté, cette splendeur avait décidé lui-même de disparaître, de s’assombrir, de reposer le froid voile mortuaire sur son visage si chaleureux. A présent, des larmes lui piquaient lui aussi les rebords de ses cils.
« Et l’Empereur ?, demanda t-il d’une voix enrouée, pourquoi voulait-il que je la vois ?
-Peut être … pour que tu comprennes mieux sa douleur. Et peut être aussi pour que tu acceptes mieux les conséquences d’une telle perte… »
Une envie obsédante poussait Marc à pleurer à chaudes larmes. Elle était si belle. Il n’avait jamais eu la chance de la rencontrer… Ses gestes resteraient donc figés à jamais ? Quelle horreur devait subir l’Empereur… quel supplice il endurait. Pourquoi affichait-il sa douleur ? Pourquoi lui prenait-il le désir de lui montrer cette souffrance à lui, Marc, le pauvre môme de la République Terrae ? Pourquoi, pourquoi ? A nouveaux les questions fusaient dans son esprit. Et il se sentit submergé par une vague de désespoir soudain. Ses parents lui revinrent en mémoire et il s’étala sur le sol, s’affaissant sous le poids de son chagrin. Sa vie n’était qu’un long destin d’accablements… Le sol trembla légèrement, les vibrations se répercutaient dans sa poitrine, stoppant la montée des sanglots et des spasmes de sa tristesse. Marc remarqua le maître qui essuyait quelques gouttes dont saignaient ses yeux. Le vieillard joignait ses mains. Il était source de ces tremblements. Il était le maître de la Terre…
« Viens mon enfant, l’Empereur t’attend. C’est lui et lui seul qui désirait que tu contemples sa douleur, l’ange qui fut source de ses démons… Maintenant, je sais qu’il voudra te parler. »
Marc se remit debout. Il saisit la main que lui tendait le vieillard qui ajouta :
« Et n’essuie pas tes larmes… tes yeux ne sont que le miroir de l’âme. Et personne ne devrait cacher son âme, car c’est ce que chacun possède de plus pure et de plus sincère… »
Marc obéit. Ils sortirent de la Bibliothèque, par une porte sculptée de nobles arabesques. Elle s’ouvrit automatiquement elle aussi, comme une révérence à ce jeune et frêle enfant qui importait tellement à cet Empire si puissant…


A suivre...

Sanadette Hé, que veux dire le :sarcastic: ? :o
empereur-paco Merci, si même Sana le dit... :sarcastic:
Sanadette Oui le blog il est + facile à lire :)
empereur-paco Bah tu verras s'établir une toute autre philosophie... sinon, pour aller plus molo et plus facilement, j'peux te proposer le blog où tout est posté. J'te l'envoie par mp si tu veux... En plus c'est illustrer, donc c'est beaucoup plus plaisant à lire ;)!
Alibaba-orhum-

empereur-paco a écrit :

Si tu le souhaites, ça ne me fera que plaisir =)!
Et si tu as le courage aussi... sinon je peux te proposer un résumé condensé par mp, expliquant épisode par épisode ;)! Mais c'est vrai que ça remplacera pas la vraie lecture...


Nan nan, merci, pas besoin de résumé! quand j'aurai du temps ça prendra le temps qu'il faudra mais je lirai. J'aime bien lire ce genre de choses!!

empereur-paco Si tu le souhaites, ça ne me fera que plaisir =)!
Et si tu as le courage aussi... sinon je peux te proposer un résumé condensé par mp, expliquant épisode par épisode ;)! Mais c'est vrai que ça remplacera pas la vraie lecture...
Alibaba-orhum- Un jour, quand j'aurais du temps, je lirais les 12 pages de ce post.....!
*et après j'irais me racheter une nouvelles paires d'yeux^^* Bon en fait je ne lirais peut-être pas tout d'un coup, on verra, mais je lirais.  :)
empereur-paco Bah euh ouais! En plus y'a les vacs, donc là j'pourrais regratter un peu ma plume...et faut en profiter, parce qu'après je serais plus souvent là...